Tribune en soutien à Salah Hamouri
Pour les défenseurs des droits humains palestiniens : Tribune en soutien à Salah Hamouri
Nous apportons notre soutien total à Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, défenseur des droits humains et citoyen franco-palestinien, face aux accusations mensongères publiées le 25 mai 2026 par le Shin Bet israélien.
Une vie de résistance
Comme des milliers de Palestinien·nes, Salah Hamouri a été confronté à la violence coloniale dès l’enfance — les irruptions nocturnes de l’armée dans la maison familiale à Jérusalem, une blessure par balle à 15 ans en pleine Intifada, une première arrestation à 16 ans suivie de 60 jours d’interrogatoire sous torture, sans que ses parents sachent où il se trouve.
Ce n’est que le début d’un acharnement de plus de vingt ans. Salah sera emprisonné six fois, dix années au total, en grande majorité en détention administrative sans charge ni jugement — comme 98 % des Palestinien·nes passant devant les tribunaux militaires d’occupation. Torture physique et psychologique, mauvais traitements médicaux, raids nocturnes, pressions permanentes : un traitement systématique et documenté, dont le sort réservé aux membres de la Flottille de la liberté a donné au monde un aperçu glaçant. Les plus hautes autorités françaises, dont le président de la République et plusieurs ministres des Affaires étrangères successifs, avaient pourtant déclaré son dossier vide et réclamé sa libération.
L’occupant espérait le briser. Il se trompait. À sa sortie, Salah devient avocat pour défendre à son tour les prisonnier·nes palestinien·nes. Réponse de l’occupant : restrictions de mouvement, expulsion de sa femme enceinte pour le forcer à partir. Salah reste. En 2017, nouvelle détention administrative, renouvelée indéfiniment. À sa sortie, un ministre israélien envisage de lui retirer son statut de résident de Jérusalem pour « défaut d’allégeance » à l’État qui l’opprime.
En mars 2022, il est de nouveau arrêté. Le 18 décembre 2022, sa carte de résident révoquée, il est condamné à l’exil et envoyé de force en France. Déportation, torture, détentions arbitraires répétées : l’ensemble de ces crimes ont été documentés et dénoncés par l’ONU et plusieurs institutions internationales comme des crimes de guerre, des crimes de torture et un crime de déportation.
En France, un responsable politique et juridique sous surveillance
L’exil n’a pas mis fin à l’acharnement. Ses déplacements sont surveillés, ses prises de parole censurées — des préfets français ont interdit sa présence dans l’espace public.
Pourtant, Salah n’a cessé de s’engager. Responsable de plusieurs collectifs et associations, conseiller juridique actif en Europe, il structure un plaidoyer parlementaire de grande envergure — dans les conseils régionaux, les assemblées nationales, les institutions européennes et onusiennes — pour que la voix du peuple palestinien et leurs droits résonnent là où se prennent les décisions. Sur le plan juridique, il coordonne des actions concrètes contre les complices du génocide : procédures contre des binationaux israéliens ayant bloqué des convois humanitaires, actions contre des entreprises d’armement, soutien aux procédures devant les juridictions européennes et internationales. Il a lui-même porté plainte en France contre de hauts responsables israéliens et la compagnie El Al pour torture, déportation, persécution et ségrégation. Dans les manifestations comme dans les hémicycles, il est présent — inlassablement.
C’est précisément ce travail — structuré, de plus en plus efficace — qui dérange. C’est parce que sa voix porte qu’on cherche aujourd’hui à la criminaliser.
Le 25 mai 2026 : une attaque politique déguisée en communiqué sécuritaire
Le 25 mai 2026, le Shin Bet a publié un communiqué accusant Salah Hamouri d’avoir organisé et dirigé un réseau terroriste depuis la France. Ces accusations ont immédiatement été reprises par des réseaux médiatiques et politiques d’extrême droite. Nous les rejetons fermement.
Elles s’inscrivent dans un schéma documenté : celui d’un État qui, faute de pouvoir faire taire ses opposant·es par la détention ou le nettoyage ethnique, recourt à la diffamation internationale. Les services de renseignement israéliens, soutenus par les ressources du ministère de la Diaspora, mènent depuis des années des campagne de propagande et d’ingérence actives en Occident — comme l’ont révélé de récentes investigations journalistiques — pour discréditer les voix qui documentent les crimes commis en Palestine et portent des actions devant les juridictions internationales.
Le calendrier n’est pas anodin : échéances électorales françaises, montée en puissance des procédures juridiques françaises et européennes dans lesquelles Salah est directement impliqué. L’objectif est transparent : discréditer les organisations, intimider les militant·es, couper Salah de ses soutiens au moment précis où son travail produit des effets.
Notre appel
À chacune de ses détentions, la mobilisation citoyenne et politique a permis de sortir Salah du huis clos avec l’occupant. Cette pression collective a rappelé au monde que les accusations portées contre un homme résolument attaché à sa terre et à son peuple sont infondées. Aujourd’hui, cette mobilisation est à nouveau nécessaire.
Nous appelons les autorités françaises à protéger un citoyen face à une campagne de diffamation orchestrée par un État étranger, à dénoncer publiquement ces mensonges, et à garantir que la citoyenneté française ne soit pas une protection à géométrie variable selon les combats menés.
Nous appelons les institutions européennes et internationales — Parlement européen, Conseil de l’Europe, instances onusiennes — à prendre leurs responsabilités face aux crimes documentés de l’État israélien, et à mettre en œuvre sans délai des sanctions ciblées contre le régime et ses responsables.
Salah Hamouri n’est pas seul. Et il n’est pas une exception : des centaines de militant·es palestinien·nes font face à la même répression, aux mêmes mensonges, au même acharnement. Les soutenir, c’est défendre le droit fondamental de tout peuple à lutter pour sa liberté.
La Palestine sera libre. Et ceux qui ont consacré leur vie à cette cause méritent notre protection.
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